"Tout cela est vrai. Pourtant des mots me gênent: servir à... discipline... encadrer...à gagner. L'inquiétude s'installe et vous y pouvez généralement peu de choses. C'est comme la pluie et le mauvais temps. Mais vous pouvez encore rêver que le soleil va revenir. C'est d'ailleurs une certitude. Mais tout cela est vrai ..."


Je me permets de rebondir sur ce commentaire, car il ouvre d'autres pistes de réflexion sur le sujet qui nous intéresse. Merci à vous.

Concernant la pluie et le soleil, je vous rejoins entièrement. Nous ne pouvons pas contrôler la météo ou la nature, et tous les efforts du monde ne changeront rien au fait que s'il doit pleuvoir, il pleuvra. Par contre, j'ai un avis différent du vôtre quand vous dites que l'inquiétude s'installe et que nous y pouvons généralement peu de choses.

Disons que les habitudes prises par la majorité des gens à notre époque et dans notre société font que nous avons tendance à laisser nos pensées dériver en les subissant et je dirais même en se laissant carrément écraser par elle. Mais est-ce le seul choix possible ? Sommes nous vraiment condamnés à laisser nos pensées et l'inquiétude quand elle arrive diriger nos vies ? Qui est maître à bord ? Nos pensées ou nous ?

Je suis d'avis (et cela n'engage que moi) que nous avons deux choix possibles dans un cas de figure comme celui-ci. Soit nous laissons faire sans réagir et nous laissons nos pensées aller où elles veulent en fonction de l'humeur du jour pour ainsi dire, ou alors, nous choisissons de reprendre les rênes en mains et commençons à réagir pour reprendre la place qui nous revient de droit.

C'est nous qui dirigeons nos pensées et notre esprit et non l'inverse. Si nous laissons l'inquiétude s'installer, ce n'est pas parce que cette voie représente une fatalité inévitable, mais parce que nous choisissons de laisser faire au lieu de réagir. Le choix n'est sans doute pas tout à fait conscient pour la plupart des gens, car comme dit, le "mode d'emploi" de la société fait que nous avons adopté le modèle que nous avons vu tout autour de nous, et nous suivons le mouvement qui nous semble être celui de la "normalité" (pour ma part c'est ce mot que je n'aime pas) mais ce n'est pas pour autant la seule version possible.

Vous citez une liste de mots qui vous gênent et je suppose que certains d'entre eux vous dérangent parce qu'ils évoquent une sorte de "manipulation" à faire au sujet de nos pensées... mais quand c'est la société qui nous dicte la façon dont nous devons agir ou ne pas agir au sujet de nos pensées,  n'est-ce pas aussi une sorte de manipulation ? La question est de savoir si nous préférons laisser d'autres que nous (la société) manipuler nos pensées, ou s'il n'est pas préférable de le faire nous-mêmes, en fonction de ce qui pourra être constructif pour nous ou pas.

Les ennuis arrivent lorsque nous laissons quelqu'un d'autre que nous décider quelle sera la route à suivre au lieu de chercher notre propre vérité en examinant nos émotions, en étant attentifs à comment nous nous sentons en adoptant telle ou telle attitude.

Si quelque chose nous apporte de la joie, un bien-être et une harmonie intérieure, c'est sans doute que cet élément est sain et constructif, mais si quelque chose amène un sentiment d'oppression, de pesanteur, de malaise, etc., c'est qu'il ne s'agit pas forcément de la meilleure voie à suivre si notre objectif est d'aller vers un équilibre plus grand.

L'autre question à se poser est donc "quel est notre objectif ?"

Si notre objectif est simplement de traverser la vie en tentant d'éviter les difficultés et en essayant de survivre tant bien que mal, dans ce cas, l'inquiétude ne sera pas plus dérangeante que ça puisqu'elle ne nous empêche pas de faire ce que nous avons décidé de faire "survivre tant bien que mal" et au contraire, elle nous maintient dans ce processus de "demi-vie" au lieu de nous laisser aller vers quelque chose de plus lumineux.

Si au contraire, notre objectif est de trouver un équilibre toujours plus fort et d'amener dans notre existence un sentiment de plénitude et de joie profonde, l'inquiétude va nous barrer la route, et elle ne sert pas notre objectif. Il faut donc chercher à s'en défaire.

On peut dire que rien n'est bon ou mauvais en soi, car ce sont deux valeurs relatives en fonction de qui nous sommes et du but que nous souhaitons atteindre, et c'est à chacun de définir si l'inquiétude lui est utile ou non en fonction de l'état intérieur qu'il cherche à atteindre, pour ensuite agir en fonction de ça.

Mon objectif étant d'ouvrir la porte à un bonheur plus grand et de partager cela avec d'autres, à mon sens l'inquiétude est non seulement inutile, mais aussi néfaste, et j'ai choisi d'utiliser les outils que j'ai à portée de main (ma volonté) pour dire stop à toute pensée d'inquiétude qui vient vers moi, et le constat que je fais c'est que ma vie est beaucoup plus heureuse et respirable depuis que j'ai adopté cette façon de procéder et que j'ai repris le contrôle de mes pensées plutôt que de les autoriser à vagabonder d'elles-mêmes.

Ce que je souhaite partager aujourd'hui n'est pas juste une jolie théorie, c'est quelque chose que je vis et que j'expérimente dans mon quotidien, et je suis comme tout le monde. Ce que je fais là n'importe qui d'autre peut le faire, c'est simplement une question de choix.

Pour savoir si ça peut fonctionner ou non, une seule solution : essayer et essayer encore, sans baisser les bras parce que ça ne fonctionne pas immédiatement.

Je ne dis pas qu'il est facile de reprendre les rênes en mains, parce qu'en fonction de notre vécu, de notre éducation et de tout ce qui va avec, en fonction du temps pendant lequel on aura suivi un certain mode de fonctionnement, il sera plus ou moins long de défaire les anciens schémas pour en créer de nouveaux qui correspondent à l'état intérieur dans lequel nous souhaitons avancer.

Mais ce que je dis, c'est que c'est accessible à tous quoi qu'il en soit, mais rien ne sera imposé à qui que ce soit. Le changement ne peut partir que d'une impulsion personnelle, d'une volonté d'aller vers autre chose si notre mode de fonctionnement actuel ne nous convient pas, et chacun reste libre de tracer sa route comme bon lui semblera.

En résumé, si nous sommes heureux de notre vie telle qu'elle se présente ici et maintenant, dans ce cas, tout est parfait, et il n'y a nul besoin de chercher à changer quoi que ce soit, mais si nous nous rendons compte que certains aspects de notre mode de fonctionnement (dont l'inquiétude) sont pesants, voire douloureux à vivre, nous avons la possibilité de faire un autre choix en agissant pour briser la boucle et faire en sorte de ne plus laisser nos pensées se promener comme bon leur semblera.


Avec mes meilleures pensées :-)
                      Laure